Critique – Ip Man 4 : on n’est pas venus pour beurrer des sandwichs

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Ip Man 4, il était une fin. Donnie Yen prête une dernière fois ses traits à cet homme de paix-mais-faut-pas-trop-le-chercher-quand-même pour un échange de culture et de bourre-pif.

Qui peut sauver les salles de cinéma des films français cet été ? Puisqu’il y a de moins en moins de probabilité que ce soit Tenet, il va falloir compter sur Donnie Yen, de retour en maître incontesté du Wing Chun dans Ip Man 4. Cerise sur le tatami, ce dernier volet de la saga le verra se battre contre Scott Adkins, et on aime Scott Adkins.

Pour son ultime combat, le mentor de Bruce Lee débarque aux États-Unis et va se confronter aux revendications identitaires des Américains et des immigrés chinois. Et comme on n’est pas venu ici pour se faire des câlins, l’ouverture à l’autre se fera à grand renfort de poings dans la gueule et de “Vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde ?!”. Ip Man, Jésus, même combat.

Si cet épisode brille moins par la chorégraphie de ses affrontements que ses prédécesseurs, il se démarque néanmoins par sa dureté. On tape et on tape fort. Surtout quand Scott Adkins déboule avec son regard de gros dur et éparpille ses adversaires façon puzzle. Le film s’amusera ainsi à constamment opposer les styles, la grâce du Kung-Fu face à la rudesse du Karaté. Évidemment, à la fin, Ip Man gagne toujours, mais les autres maîtres auront appris à ne pas sous-estimer leurs adversaires et vice-versa. Dans une volonté de partage, le patron des patrons et son protégé, Bruce Lee (totalement réincarné en Danny Kwok-Kwan Chan), font figure d’exemple en prônant la politique de la main tendue et du poing serré.

Ip Man 4, une main de velours dans un gant de fer

Si on peut reprocher à cet opus une certaine longueur, il convient néanmoins d’en apprécier sa portée. Non seulement, il a la dure mission de conclure la vie du boss, mais il se pare d’un message sociétal, reflet d’une époque qui perdure. Alors que les mouvances identitaires semblent gagner en popularité ces derniers temps, le long-métrage tente de se servir du passé pour en dénoncer les travers. Qu’il s’agisse de rejet ou de conservation, les deux idéologies mènent au même chemin : la violence. C’est en associant les cultures que chacun peut apprendre de l’autre. Chaque combat devient dès lors une leçon, le maître usant alors des armes de ses ennemis, étrangers ou compatriotes, pour leur mettre le nez en sang dans leur absurdité.

La saga ne se conclut pas de la manière la plus spectaculaire, mais cet ultime combat témoigne du chemin parcouru par cette dernière avec une conclusion très actuelle. Belle fin pour l’une des meilleures licences d’arts-martiaux récentes.

See you, Space Cowboy !

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Avant j'écrivais des trucs intéressants.

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