Critique – Punisher : de la nécessité de relire Gorgias de Platon avant

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Avant Netflix, avant War Zone, avant John Travolta il y avait… Punisher. 1989, une époque bénite où on échangeait le crâne blanc avec Dolph Lundgren.

Tu as vu ce titre Philibert ? Ça ne te donne pas envie de te baigner nu avec Christine Angot et lui susurrer des citations de Gorgias ? Personnellement, je l’ai lu au lycée et je n’en ai aucun souvenir, donc autant parler de Punisher. Désolé Christine.

De quoi ça parle ? Depuis que sa famille a été assassinée par des mafieux en costumes trop grands, Frank Castle vit dans les égouts comme une Tortue Ninja et flingue du méchant à tour de bras. 125 d’après la police, le double selon les manifestants.

Avant de se lancer dans l’adaptation de Punisher, Mark Goldblatt signait son premier film : Flic ou Zombie. Un thème récurrent dans sa courte expérience de réalisateur puisque son deuxième et dernier long-métrage en porte les stigmates : Castle est un ancien flic qui a désormais une gueule de zombie. Sérieusement, j’ai mal à mon Dolph Lundgren tant il semble mort à l’intérieur comme à l’extérieur.

Le bon côté des choses, c’est que le film a bénéficié d’une grosse reconnaissance critique pour sa volonté d’insertion et son accessibilité. En effet, non seulement il met en avant un acteur souffrant de paralysie faciale, mais il pense sa mise en scène pour un public malentendant et malvoyant par l’insertion systématique de répétitions de répliques et de gros plans. Les mauvaises langues parleront peut-être de médiocrité, sauf que ce serait nier les quinze rappels du titre en cinq minutes, soit la volonté affichée de faire travailler ta mémoire. Punisher n’est que le Dora l’exploratrice de son temps.

Punisher à mon cœur

Évidemment, les cinéphiles (encore eux) se plaindront de l’absence de référence aux comics, du manque de budget et des seconds rôles que-tu-ne-sais-toujours-pas-à-quoi-ils-servent, néanmoins il ne faudrait pas nier que c’est justement tout ce qui fait la beauté de ce nanar. Parce que bien avant le sérieux John Wick, Frank Castle te faisait rêver avec le SWIIIING d’un harpon, avec une crucifixion par boucles d’oreilles, avec des méchants en toboggan et avec un appât à alcooliques. Quand je pense que Goldblatt n’a plus dirigé de long-métrage alors qu’il aurait fait tellement de bien à la carrière d’un Steven Seagal

Dommage que le film soit plus avare en action qu’en clichés envers les Japonais et que sa volonté affichée de lui donner une atmosphère horrifique ne soit pas suivie d’effets sanguinolents. Deux failles qui l’empêchent de se hisser au niveau de Gorgias, l’adaptation libre portée par Scott Adkins.

See you, Space Cowboy !

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Avant j'écrivais des trucs intéressants.

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