Pourquoi il faut (re)voir Last Action Hero et Demolition Man

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Last Action Hero et Demolition Man, films de bourrins ? Comédies d’action ? Points d’orgue pour leurs stars ? Symboles d’une fin d’époque ? Tout ça à la fois ?

Lorsque l’on cherche à résumer les carrières respectives d’Arnold Schwarzenegger et de Sylvester Stallone, on cite régulièrement Terminator et Rocky. Deux rôles iconiques qu’ils auront incarnés, tels des alter-égo, jusqu’au bout, pour le meilleur et pour le pire. Pourtant, ils auront signé chacun un film bien plus symbolique, non seulement sur eux-mêmes, mais sur le cinéma en général. L’un est le Last Action Hero, l’autre le Demolition Man.

Nous sommes en 1993 et les deux hommes sont à l’apogée de leur carrière, sur le toit du monde du cinéma d’action. Leur rivalité au box-office amuse la galerie et les premiers intéressés et ils n’hésitent pas à en jouer dans une ambiance bon enfant. Sauf qu’en coulisses, les deux hommes sentent bien que le vent est en train de changer et que le public commence à se lasser de ces hommes invulnérables aux bras de la taille de troncs.

Personnage imaginaire contre dinosaure

Last Action Hero sort aux États-Unis en juin 1993, Demolition man suivra en octobre. Deux films pour une même idée : offrir un dernier sursaut à un cinéma d’action en voie de disparition. Leurs adversaires : la réalité et l’avenir. Un combat que Schwarzy et Sly savent perdu d’avance. Un constat d’échec que l’on retrouve à l’écran lorsque le premier se blesse en tentant de briser une vitre à mains nues et le second fait du tricot. Les scénarii les dépossèdent même de leur statut de superstars lorsqu’ils les transforment en personnage de fiction ou en relique d’un autre temps. Ils n’existent pas, ils n’existent plus et deviennent les pires versions d’eux-mêmes.

Face à un présent menaçant, les deux longs-métrages se répondent en se tournant vers le passé pour mettre en garde le futur. Pour Last Action Hero, la fin d’une époque ne signifie pas qu’elle doit disparaître. Entre caméos, références et mise en abyme, le septième art s’exprime au travers des yeux rêveurs d’un Danny croisant Catherine Trammell, affrontant l’assassin de Mozart ou conversant avec La Mort. Ici, quand on n’est plus moderne, on devient un classique.

Du côté de Demolition Man, on dessine un futur paradis de la bien-pensance, rempli de Bisounours superficiels (on peut donc parler de film d’anticipation). Sauf que cette société creuse un fossé entre les citoyens que seul un John Spartan absent de préjugés peut dynamiter. Bien avant qu’Hollywood s’uniformise, Sly se positionnait en lanceur d’alerte, bien aidé par la nostalgie de Sandra Bullock. Ici, une époque ne peut prendre fin tant qu’il y aura quelqu’un pour la faire perdurer.

Last Action Hero contre Demolition Man

Face à un destin inéluctable, nos deux gros bras ne se rendront pas sans combattre et entament chacun leur chant du cygne. Entre Last Action Hero et Demolition Man, on assiste à un festival de punchlines (à voir en français pour le coup, pour le talent des doubleurs et des traductions) et d’action débridée avec surdose de virilité. On nous offre du divertissement avec un grand D, où Arnold et Sylvester n’obéissent qu’à une seule consigne : jouer avec leurs clichés d’invincibles et monter les curseurs au maximum. Un souhait affiché de faire plaisir aux fans, jusqu’à dans l’exposition de leur rivalité lorsqu’on évoque le Président Schwarzenegger ou qu’on affiche le meilleur film de Stallone, Terminator 2 forcément.

À la fin, chacun aura accompli sa mission : emmener le fan dans son monde et continuer à exister à travers ses yeux. Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone mourront, mais Last Action Hero et Demolition Man les auront rendu éternels.

PS : Schwarzy en Hamlet, ça doit se regarder de toute façon !

See you, Space Cowboy !

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