Sylvester Stallone doit-il rendre les armes ?

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Avec la sortie en salles de Rambo : Last Blood, c’est le retour sur grand écran de Sylvester Stallone, homme qui aura régné sur le cinéma d’action en compagnie de son rival préféré Arnold Schwarzenegger. Aujourd’hui, l’acteur ne semble toujours pas prêt à rendre les armes face à sa Némésis : lui-même.

Le couperet est tombé : Rambo : Last Blood est étrillé par une critique américaine qui ne mâche pas ses mots. Dans l’hexagone, on est un poil plus gentil. Juste un poil. Au box-office, il finit troisième à domicile lors de son premier week-end avec 19 millions de dollars engrangés et avec un budget de 50 millions, il lui faudra compter sur l’international pour se refaire une santé. Bref, le dernier volet de la saga paraît enterrer cette dernière. Sauf qu’il y en a un dont il ne faudrait pas creuser la tombe trop vite : Sylvester Stallone.

On ne va se le cacher : quel était l’intérêt de regarder John Rambo, personnage vieillissant dont les exploits successifs n’auront eu de cesse d’abîmer son aura ? Celui qui l’interprète ! Il a beau avoir le visage marqué par l’âge (73 ans mine de rien), il affiche toujours un biceps explosif et possède encore ce regard animal qu’on évitera de croiser lorsqu’il s’énerve. Dans le milieu du cinéma d’action, c’est une légende et sa filmographie parle pour lui. Inutile de revenir sur ses hauts faits, on les connaît tous, mais qu’est-ce qui peut nous pousser à nous mater un bon vieux Judge Dredd ou Cobra si ce n’est pour leur tête d’affiche ? Attention, cet adoubement automatique ne vaut pas pour Arrête ou ma mère va tirer !, il ne faut pas abuser…

Sylvester Stallone ou le syndrome Peter Pan

Néanmoins, et comme pour beaucoup d’autres, les années 2000 auront été fatales à Sly. Copland en 1997 signait ainsi le chant du cygne d’un action man conscient de son déclin, tentant de prouver qu’il pouvait faire autre chose. Un essai réussi qu’il tenta de transformer en jouant davantage du cerveau que des muscles (Driven, D-Tox…), mais sans succès. Sauf que l’action, Stallone l’a dans la peau et Rocky Balboa (2006) vint balancer à la face du monde “laissez-moi combattre une dernière fois”. Le message est reçu, le public et la critique sont conquis, le dernier round du boxer lui permet de retrouver du poil de la bête au box-office (70 millions de dollars, score qu’il n’avait plus atteint seul depuis 13 ans). La star déchu sent ainsi souffler le vent et change son fusil d’épaule : à la place des adieux, on aura droit à du “vieux et dangereux”.

Les retours sur John Rambo, Expendables 1 et 2 (respectivement 42,103 et 85 millions de dollars au box-office) le confirment : Sly is back ! Il montre ses muscles, fait couler le sang et drague les demoiselles en détresse, bref, c’est une seconde jeunesse. Enfin, c’est ce qu’il croît. Très vite, les chiffres dégringolent et Stallone retombe dans les limbes, cumulant petites recettes et Direct-to-Vidéo laborieux. Seuls les deux métrages Creed lui permettent une reconnaissance. Deux films dans lesquels il joue le papy fragile qui passe la main. Coïncidence ? Certainement pas.

Car dans l’euphorie d’une gloire perdue revenue le temps de 2-3 projets, il en a oublié le “vieux” de son nouveau slogan. Si les différents scénarii ne cachent pas son âge, ils lui fournissent surtout un prétexte pour laisser parler “l’expérience”. Stallone n’est pas vieux, il est expérimenté. Rien ne lui interdit donc de rivaliser de vitesse avec un Jason Statham, ou se lancer dans un duel à la hache avec Jason Momoa. D’ailleurs, on peut voir dans Expendables 3 une volonté de montrer que la jeunesse n’est pas encore à la hauteur. Là où Schwarzenegger n’hésite pas à incarner des pères de famille (j’y reviendrai dans un futur article) et se mettre au second plan, son rival préfère rester dans la lumière et jouer le rôle du héros mentor, Creed mis à part. On toucherait presque au syndrome Peter Pan. Sauf que plus le temps passe et plus ça en devient gênant, limite ridicule.

L’important n’est pas de gagner, c’est d’encaisser

Pour le fan que je suis, il n’y a pas plus difficile de voir l’un de ses héros se transformer en caricature de lui-même, courir après une gloire passée en faisant fi de sa propre mortalité. Est-ce une raison pour dire à Sylvester Stallone d’abandonner ? Jamais. Ce n’est pas dans l’A.D.N. de Rocky.

Chacun de ces films, aussi réussis ou ratés soient-ils, portent cette même volonté de ne rien lâcher. Ni face à ceux qui l’ont remplacé, ni face à la censure (Rambo : Last Blood misant tout sur son action bien violente), ni face à ses propres limites. J’ai beau rire jaune lorsque je vois son nom sur l’affiche d’un métrage de seconde zone minable, je respecte son acharnement. Oui, Sylvester Stallone mourra un jour, mais ça sera l’arme à la main.

See you, Space Cowboy !

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